Il y a une phrase que j'entends à chaque première séance, en général au bout de dix minutes : « en fait, c'est pas si horrible. »
C'est tout l'intérêt de la chose. Une séance de couple avant le mariage, ce n'est pas une répétition et ce n'est pas une séance photo au sens où l'on l'imagine — c'est une promenade à trois, sans invités, sans horaire à tenir, sans quarante personnes qui attendent. On marche, on parle, je photographie. Et le jour du mariage, je ne suis plus un inconnu avec un appareil.
Voilà les endroits où je vous emmène quand vous voulez du vert, ce qu'on y trouve, et à quelle heure il faut y être. Si c'est plutôt la ville qui vous attire, j'ai fait la même liste pour Paris — les lieux changent, la méthode que je décris plus bas reste la même.
Bagatelle, le plus complet
Si je ne devais en garder qu'un, ce serait celui-là. Le jardin de Bagatelle, dans le Bois de Boulogne, a une diversité de paysages qu'on ne trouve nulle part ailleurs à cette distance de Paris.
Sa roseraie d'abord, qui est ce pour quoi on vient. Un bout de château. Une cascade. De grandes pelouses où l'on a de l'espace — et l'espace change tout, parce qu'il permet de reculer, de laisser un couple marcher devant sans que le cadre soit encombré. Il y a même des animaux qui se promènent en liberté.
C'est bucolique au sens exact du terme, et à quinze minutes de l'Arc de Triomphe.
Le seul point d'attention : la roseraie est à son sommet en juin, et c'est aussi le moment où il y a le plus de monde. Le reste du parc reste calme.
La Grande Cascade et le lac : le Bois de Boulogne a plusieurs vies
J'ai photographié un couple à la Grande Cascade, et c'est un endroit qu'on sous-estime. Une étendue d'eau, une chute, de la végétation dense — on n'a pas l'impression d'être à Paris.
Ce qui fait la force du Bois de Boulogne, c'est qu'il n'est pas un seul décor mais une collection. Autour du lac Inférieur, il y a l'embarcadère du Chalet des Îles, une petite cascade, et un kiosque posé sur une île. On traverse en barque pour l'atteindre — ce qui, en soi, fait déjà des images.
C'est le genre d'endroit qui ne se trouve pas sur une liste de « meilleurs spots » parce qu'il n'a pas de nom qui claque. Il est simplement très joli.
Le parc de Saint-Cloud, pour de la vraie forêt
Une des séances dont je garde le meilleur souvenir s'est faite au parc de Saint-Cloud. C'est le plus vaste de cette liste — quatre cent soixante hectares — et surtout le plus varié : des jardins dessinés en haut, des sous-bois en bas, une grande cascade, et des terrasses d'où l'on voit tout Paris.
Ce que j'y cherche, ce sont les parties boisées. On y est dans la forêt, pas dans un parc : les allées ne sont pas tracées, la lumière passe par le haut, et il n'y a personne. La différence se voit tout de suite sur les images.
Un point à régler avant d'y aller, et il n'est pas anodin : Saint-Cloud est un domaine national. Son règlement soumet la photographie professionnelle, le trépied et l'éclairage à une autorisation du Centre des monuments nationaux. Ce n'est pas une formalité qu'on découvre sur place un dimanche matin — je m'en occupe quand on choisit ce lieu, mais il faut s'y prendre à l'avance.
Trois endroits que j'ai repérés et où je vous emmènerais volontiers
Je distingue toujours les deux, parce que la différence compte : voilà des lieux que je connais et où je n'ai pas encore fait de séance.
L'île de la Jatte, entre Levallois et Neuilly. La pointe est très belle, avec le pont dans le champ, les bancs le long de l'eau et les petites allées. C'est le plus proche de Paris de cette liste, et le plus facile d'accès.
Les étangs de Ville-d'Avray — les étangs de Corot, ceux qu'il a peints. Deux plans d'eau dans les bois, à l'écart de tout.
L'île Saint-Germain, à Issy-les-Moulineaux. Une île entière transformée en parc, avec de la place et une lumière dégagée.
La carte
Les points ci-dessous sont ceux dont je vous parle. Cliquez pour voir ce que chacun donne, et à quelle heure y aller.
Les endroits au vert
Sept lieux entre Paris et les Hauts-de-Seine. Cliquez sur un point pour voir ce qu'il donne.
Paris 16e
Jardin de Bagatelle
Roseraie, château, cascade, grandes pelouses et des animaux en liberté. Le plus complet de tous.
- Lumière :
- Fin de journée ; roseraie à son sommet en juin
- Accès :
- Voiture, gratuite le dimanche
L'heure, et pourquoi je travaille le dimanche
Ce qui suit vaut pour toutes mes séances de couple, ici comme dans Paris. C'est la partie de la méthode qui ne dépend pas du décor.
Je fais les séances de couple le dimanche. C'est le jour où je n'ai pas de mariage, donc le jour où je peux vous donner du temps sans regarder ma montre.
Et il y a un avantage que personne ne mentionne : le stationnement est gratuit le dimanche, à Paris comme dans la plupart des communes autour. Sur une séance où l'on se déplace, ça retire la seule vraie contrainte matérielle.
Pour l'heure, je privilégie la fin de journée. La lumière descend, elle se réchauffe, elle devient rasante — c'est la différence entre des photos correctes et des photos dont on se souvient. L'heure exacte suit le coucher du soleil : dix-neuf heures trente en juin, seize heures en décembre. Je m'adapte, et je vous dis quand venir.
Le début de matinée fonctionne aussi, avec un autre caractère : plus doux, plus calme, personne dans les allées.
Ce que j'aime bien, quand c'est possible : commencer par un café. On s'assoit dix minutes, on se met au chaud, on parle. Je fais quelques images là, sans prévenir, et quand on se lève pour marcher la moitié du travail est déjà faite — parce que vous avez oublié l'appareil.
Le meilleur endroit n'est pas le plus beau
Voilà le conseil que je donne le plus souvent, et celui qu'on suit le moins.
Le meilleur lieu pour votre séance, c'est celui qui vous dit quelque chose. Là où vous vous êtes rencontrés. Là où il y a eu le premier baiser. Le banc, le café, le bout de quai.
Ces images-là ont une profondeur que n'aura jamais un beau décor choisi pour sa beauté. Un endroit connu parce qu'on y voit la tour Eiffel n'est pas ce qui rend une photo forte — ce qui la rend forte, c'est que vous soyez vraiment quelque part.
Alors si vous avez un lieu, dites-le-moi. On l'utilisera, et je m'occuperai de le rendre photogénique.
Un seul lieu par séance, et on tourne autour
Je n'enchaîne pas cinq endroits. J'en prends un, et on tourne autour.
C'est délibéré. Cinq lieux, ce sont quatre trajets, quatre stationnements, et un couple qui passe sa séance en voiture. Un seul lieu bien choisi offre plus de variations qu'on ne croit — on change d'orientation, on entre dans les arbres, on ressort à la lumière, on s'assoit, on marche. Et le temps gagné passe dans les images.
On improvise beaucoup, aussi. Je m'adapte à ce que le lieu donne ce jour-là, à la lumière qu'il fait, à ce que vous avez envie de faire.
Futurs mariés ou jeunes mariés : ce qui change
Futurs mariés, avant le mariage : pas de tenue particulière. Venez comme vous êtes, en un peu mieux. C'est le premier passage devant l'objectif, et c'est tout son intérêt — après, le jour J, vous saurez quoi faire de vos mains.
Jeunes mariés, après : la tenue de mariage est indispensable. Sans elle, on ne voit pas que ces images ont été faites après le mariage, et la séance perd son sens.
Et il y a un choix de lieu à faire, que je conseille toujours : prenez le contraire de votre mariage. Si vous vous êtes mariés en ville, allez chercher la forêt. Si votre réception s'est tenue dans un domaine à la campagne, vous avez déjà des images en pleine nature — cherchez autre chose, qui vous parle autrement.
C'est le meilleur usage d'une séance de jeunes mariés : ne pas refaire ce que vous avez déjà.
Et s'il pleut
On décale, ou on adapte. Je décide la veille avec vous, et ce n'est pas un problème.
En pleine nature, la pluie complique vraiment : les allées deviennent boueuses, et une robe claire ne pardonne pas. C'est le seul cas où je propose franchement de reporter. Dans Paris, en revanche, elle ne gêne presque pas — on se replie sous les passages couverts, dont j'ai fait la liste ici. Et les parapluies donnent de très belles images.
Ce que je ne fais pas, c'est vous faire subir une séance sous l'averse par principe. On préfère décaler, et on a le temps.